Ah au début, c'est tout beau, tout neuf!
On n' imagine pas un seul instant passer le reste de nos jours avec une autre personne que l'être fabuleux que l'on vient de rencontrer...
Les serments se pressent délicieusement à nos lèvres jointes, rougies de baisers incessants et voluptueux: "Je t'aimerai toute ma vie", "Jamais plus un autre homme ne me touchera", "Tu es la femme de ma vie"....
Et on y croit.

Plus ou moins vite hélas! il nous faut revoir nos rêves à la baisse...
L'enfermement du couple devient peu à peu une prison même pas toujours dorée.
Parfois la jalousie précipite davantage l'inévitable chute...
Parfois, il faut l'admettre, nous nous sommes trompés...
Parfois l'ennui, l'usure, la lassitude nous convient cruellement à regarder autour de nous en quête d'autres êtres exceptionnels...

Comment accepter un jour que la passion évidente et foudroyante du début devienne une corvée quotidienne, au mieux une habitude, une terrible habitude?
Comment est-il possible qu'à chaque fois le même piège se referme sur les amoureux?
Comment en arrivons nous à ne plus nous aimer?

Il y a des couples, des champions, des magiciens, qui réussissent à n'importe quel prix à faire durer la passion une vie...Ils sont trés rares, ne nous voilons pas la face!
Il y des couples, la plus grande partie, qui mènent une double vie, qui puisent ailleurs l'oxygène nécessaire pour survivre dans leur couple quotidien.
Il y a des couples qui se séparent, qui vont construire ailleurs le même schéma exclusif, pour mieux replonger, et finalement regretter leur premier amour...
Il y des couples qui se battent pour trouver en toute loyauté, en transparence, des solutions pour sauver leur amour, et leurs amours...
Je fais partie de la dernière catégorie.

Un beau jour, je me suis réveillée en me rendant compte que je m'étais aliénée pendant de nombreuses années.
Je ne réalisais pas ce dont je me sentais capable, mes rêves de jeunesse étaient au placard, poussiéreux, rouillés, presque morts.
Cette prise de conscience ne s'est pas faite sans fracas.
Il y a eu des faux-pas, des crises, des retours, des escapades, des tocades...
Il y a eu aussi des moments d'exquise liberté où je me suis sentie vivre à nouveau, où mon coeur exultait, où le quotidien devenait un jeu de pistes, plein de rebondissements imprévus.

Et la souffrance...

J'ai cru pouvoir mener une double vie, le risque et le danger au quotidien, quel pied!
Mais trés vite, mon sens de la loyauté, mon intégrité ont refait surface.
Les explications, les cartes sur table, le déballage...agrémentés de furieuses réconciliations.

Apprendre à surmonter sa jalousie, à compatir respectueusement à celle de l'autre, à se parler vraiment, sans s'accuser, honnêtement, comprendre et se comprendre, donner, partager...

Polyfidélité.
Aussi paradoxale que semble cette idée, c'est la seule, pour l'heure qui me paraisse acceptable.
Personne ne nous appartient.
Nous n'appartenons qu'à nous-même.
La fidélité n'est possible qu'en étant libre.
L'obligation nous rend esclaves.
Secouer ses chaînes est sans doute nécessaire, mais c'est une révolte qui doit passer et mener à une fine analyse de ce que nous sommes, des lois que nous appliquons aveuglément, des schémas que nous reproduisons, faute d'en être conscients.



Je comprends mieux aujourd'hui quels carcans nous affligent.
La monogamie imposée par la société patriarcale est peu à peu remise en question.
Reprendre les rènes de sa vie, pour une femme, quel combat!
Loin de la révolte caricaturale des féministes, je rêve...
Je sais que dans la Préhistoire, les femmes jouaient un tout autre rôle dans la société, elles étaient source de créativité, d'intuitions, d'altruisme...solaires.
Je cherche à retrouver en moi, au travers de toutes celles qui m'ont précédées, au travers de mes soeurs, la vraie féminité, la lumière dorée, la musique enchantée.


L'universelle voie que j'ai le dessein de prendre, et de cultiver.