Désormais, je la sais, je lui donne un nom.
Ma face d'ombre.
Ma facette colère, haine, vengeance, destructrion.
La nommer, c'est s'en détacher un instant, l'observer, la comprendre.
Je tente d'en trouver l'origine. Sans doute me vient-elle d'un passé douloureux, de la peur de l'abandon, de la peur de l'échec, tout ce qui a marqué mon adolescence.
En silence, presque sans prévenir, elle frappe.
Violente et sanguinaire, elle aime sapper, supprimer, déchirer, faire mal.
Elle aime le goût du sang, elle blesse avec plaisir, remue mille fers dans les plaies ouvertes.
Elle jubile de faire du mal, aux autres, à moi.
Et puis soudain, elle s'en va, me quitte, me laisse avec un léger malaise au bas du ventre.
Le regret vient prendre sa place, les excuses se bousculent à mes lèvres.
Pardon, pardon, pardon....je demande pardon pour les mots blessants, les injures, les parjures, les trahisons...
Il est pourtant souvent impossible de faire machine arrière.