Parfois au détour de notre journée, nous éprouvons ce pénible sentiment qui va nous gâcher les moments que nous préférons d'habitude.
Le petit déjeuner, la première cigarette, la lecture de notre magazine favori, la chanson ou l'air qui nous met de bonne humeur...
Plus nous y pensons, et plus ce soucis va envahir notre tête, jusqu'à nous rendre malade, désagréable, aigri.
A chaque fois que nous éprouvons ce malaise c'est immanquablement parce que nous sommes insatisfaits: la lettre qu'on attend ne vient pas, le métier qu'on exerce ne nous plaît pas, les personnes qu'on aime ne se montrent pas à la hauteur de nos attentes...les contrariétés que chacun connaît, dont tout le monde souffre un jour ou l'autre même ceux qui paraissent les plus optimistes.
Alors pourquoi la vie nous semble mal faite?
Parce que nous luttons à contre-courant, nous nous obstinons dans des désirs sans issue, nous nous braquons devant les évidences, nous nous figeons dans les a priori.
En bref, c'est la raideur qui nous nuît!
L'immobilisme nous empêche de progresser dans d'autres directions, il borne notre vie définitivement.
Au contraire, l'adaptation au mouvement, la souplesse, la fléxibilité sont les qualités requises pour être heureux...
Ne pas s'obstiner dans une voie bouchée, guetter les opportunités, savoir entendre et discerner les multiples biais que la vie nous propose...
Mener une existence quantique, et se laisser bercer par les courants, saisir le gouvernail de temps en temps mais pour contourner un tourbillon fatal pas pour lutter contre le flux de la vie.
Pour ces voyages imaginaires, je me sers le plus souvent de la méditation: dans une position confortable, mains et jambes dénouées, yeux clos, je respire profondément, je prends conscience des plus infimes parties de mon corps, je trace un itinéraire au coeur de mes artères, je vais dans le passé apaiser mes souffrances ou revivre les bons moments, je projette l'avenir, j'écoute mon corps me parler...Il me dit où se trouve ce qui me serre les poings, m'indique la source de ma contrariété, je le laisse mettre à jour sa douleur, puis je l'aide à s'apaiser, je fais agir le mécanisme de la vague.
Du bout des orteils, sous la plante des pieds, autour des chevilles, le long des mollets, sous les genoux, des cuisses jusqu'à la racine des cheveux je sens cette lumière qui m'irrigue, elle me baigne, courant mystérieux, onde sympathique, je fais le tour de moi-même en un éclair, à peine le temps d'y penser, je suis UN.
Paix intérieure, restauration instantannée, je suis dans un état flottant, mes soucis sont lestés, les solutions au creux de mes mains...
Nous avons ce pouvoir fabuleux d'être en accord avec nous-même.