PARADOXALEMENT VOTRE...
Par quantic,
dimanche 8 mai 2005 à 15:37
Catégorie : Général
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ENTRE DEUX ETAPES SCHLAPSHEIMOISES, JE REPRENDS LE CHEMIN DE MON BLOG POUR FAIRE LE POINT, TOUJOURS EN M'APPUYANT SUR LA PENSEE DE F.CAPRA, SUR UNE NOTION QUI ME TIENT PARTICULIEREMENT A COEUR: LE PARADOXE.
Avant de commencer, étant donné que plusieurs lecteurs m'ont posé la question, je vais expliquer brièvement pourquoi je mêle Physique et Métaphysique. Je me propose de philosopher, et à l'origine, la Philosophie regroupait plusieurs catégories comme la physique (étude des phénomènes observables dans la nature), la cosmologie (étude des positions et mouvements des astres), la rhétorique (l'art du discours), mais aussi l'éthique (les principes moraux)... Bref c'était un champ d'investigation trés vaste mais qu'on n'envisageait pas de fragmenter car toutes ces voies devaient mener à la connaissance ultime de la Vérité. Depuis Descartes et sa fameuse méthode scientifique ces disciplines sont fermement séparées, emprisonnées chacune dans un domaine immense mais clos dont les limites se font sentir aujourd'hui...

Le paradoxe va peut-être les réconcilier?
Qu'est-ce qu'un paradoxe? fondé sur une racine grecque, le mot signifie littéralement: qui va à l'encontre de la pensée commune. En philosophie, il se définit comme la logique des contraires, c'est un concept qui réunit deux idées apparemment opposées comme, par exemple, Tout=Rien, et Rien= Tout.
Malgré le superficiel non-sens de cette expression, c'est une constatation physique des plus sérieuses. Et cela correspond même à une notion scientifique précise, l'une des plus importantes découverts modernes: le vide quantique.

Les physiciens classiques considéraient le vide comme nous le définissons habituellement c'est-à-dire comme l'absence de matière. Les physiciens modernes se sont penchés à l'aide de leurs microscopes superpuissants sur le vide subatomique et ont vérifié avec stupeur que le vide grouille: des particules virtuelles peuvent spontanément apparaître du vide et y disparaître sans qu'aucun nucléon ou autre particule de forte interaction ne soit présente. Le vide n'a rien à voir avec le néant! Le vide physique contient la potentialité de toutes les formes du monde particulaire. C'est un vide vivant, vibrant de créations et de destructions continuelles...

Le langage renâcle à formuler des faits aussi déroutants pour la pensée cartésienne qui nous a été inculquée, qui fait presque partie intégrante de notre façon de voir. Le plus étrange avec le langage c'est qu'il trahit toute tentative de lucidité. Il agit un peu à la façon de lunettes teintées entre nous et le monde qui nous entoure: il filtre et méconnaît ce qui ne correspond à aucun de ses codes.
C'est normal car le langage couvre les expériences sensorielles du monde macroscopique et il ne convient evidemment plus pour décrire des phénomènes subatomiques.
Chaque fois que la nature essentielle des choses est analysée par l'esprit, elle semble absurde et paradoxale.Ce fait, toujours reconnu par les mystiques, n'est devenu que récemment un problème pour la science. C'est pour cette raison que de nombreux physiciens trés sérieux comme Niels Bohr ont adopté des symboles appartenant à la pensée orientale pour exprimer les paradoxes soulevés par la physique quantique.

Le monde subatomique se tient en effet par delà nos expériences sensorielles. Il se manifeste aux expérimentateurs sous la forme sonore du déclic d'un compteur Geiger ou celle d'un point sombre sur une plaque photographique: ce que l'observateur entend ou voit n'est que la conséquence d'un phénomène inaccéssible à nos sens si imparfaits.
Le langage courant ne réussit pas à décrire ces phénomènes et plus nous pénétrons plus avant dans les strates de la matière, plus nous devons nous rendre à l'évidence, le sens et les notions du langage courant ne conviennent plus. Comme les mystiques, les physiciens s'occupent maintenant de l'expérience non-sensorielle de la réalité et comme eux ils se trouvent confrontés à l'aspect paradoxal de cette expérience: être à la fois tout et son contraire, à l'image si populaire et pourtant si mal comprise du plus célèbre des paradoxes, le Yin et le Yang...


